Insécurité alimentaire à Laval : les organismes tirent la sonnette d’alarme

Alors que près de 122 000 personnes dont 29 000 enfants vivraient dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire à Laval, selon la Direction de santé publique de Laval du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, des organismes communautaires réunis au sein du CASAL tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué diffusé le 28 mai, ils demandent que cet enjeu soit reconnu comme une priorité sur le territoire lavallois, affirmant que les ressources sur le terrain peinent à suivre la hausse des besoins.
Pour rappel l’insécurité alimentaire désigne une situation où une personne ou une famille n’a pas un accès suffisant, stable ou adéquat à des aliments en raison de ressources financières limitées. Cette réalité peut se traduire par une alimentation moins variée, moins nutritive, par l’obligation de réduire la quantité de nourriture consommée ou par un recours accru à l’aide alimentaire.

Une réalité de plus en plus marquée à Laval
Le CASAL s’appuie sur le Portrait lavallois de la sécurité alimentaire, édition 2026, produit par la Direction de santé publique du CISSS de Laval. Selon ce document, environ 122 000 personnes, dont 29 000 enfants, vivaient dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire à Laval en 2025.
Média Laval avait déjà rapporté en décembre dernier l’ampleur de cette situation, notamment lors d’une initiative de récupération et de redistribution alimentaire tenue à la Place Bell. À ce moment, des acteurs du milieu rappelaient qu’environ 26 % de la population lavalloise était touchée, dans un contexte où les demandes adressées aux organismes continuaient d’augmenter.
Un cri d’alerte du terrain
Le regroupement affirme que les organismes constatent une hausse constante des demandes, une diversification des profils des personnes aidées et un essoufflement des ressources disponibles.

Source CBML
« Sur le terrain, nous voyons une augmentation constante des demandes, une diversification des profils et un essoufflement des ressources. Cette situation exige une reconnaissance claire afin de permettre des actions à la hauteur des besoins », souligne Pierre Albert, directeur général du Centre de bénévolat et Moisson Laval.
Les organismes rappellent que l’insécurité alimentaire dépasse largement la seule question du dépannage d’urgence. Selon eux, elle est liée à des enjeux plus larges comme la pauvreté, la hausse du coût de la vie, le logement et la perte d’autonomie.
Trois demandes mises de l’avant
Dans le cadre du plan d’action Laval sans faim, les membres du CASAL demandent la reconnaissance officielle de l’insécurité alimentaire comme enjeu prioritaire à Laval, un soutien renforcé aux organismes communautaires en première ligne ainsi que le développement de stratégies plus structurantes pour mettre en place des solutions durables.
Dans leur message, les organismes affirment vouloir continuer à collaborer avec les partenaires régionaux et nationaux, mais jugent qu’une reconnaissance formelle de l’enjeu devient urgente.
Un enjeu qui dépasse l’aide alimentaire
À travers cette prise de parole, les organismes veulent rappeler que l’insécurité alimentaire touche aujourd’hui bien au-delà des clientèles historiquement les plus vulnérables. À Laval, les organismes affirment voir de plus en plus de familles, de personnes seules, de travailleurs et de ménages déjà fragilisés peiner à se nourrir adéquatement.
«Pensons-y : 122 000 personnes à Laval vivent dans un ménage qui souffre d’insécurité
alimentaire. À quand une reconnaissance officielle de l’enjeu ? À quand un soutien accru
sur le terrain ? À quand des initiatives porteuses ?» affirme le CASAL
Toujours selon eux malgré leur résilience et leur capacité d’innovation, le milieu communautaire ne peut plus, à lui seul, absorber l’ampleur croissante des besoins en insecurité alimentaire à Laval.

Un appel lancé par le CASAL
L’appel a été lancé par des organismes membres du CASAL, soit le Comité d’action en sécurité alimentaire de Laval, est une instance de concertation territoriale qui regroupe des organismes engagés pour améliorer l’accès à une alimentation saine et suffisante sur le territoire. Son rôle est de favoriser la collaboration, le partage d’expertise et le développement d’actions concertées en sécurité alimentaire.
Parmi ses organismes membres figurent notamment le Centre de bénévolat et Moisson Laval, l’Association des popotes roulantes de Laval, l’Association pour aînés résidant à Laval, Au Panier, le Centre SCAMA, la Corporation de développement communautaire de Laval, la Corporation intégration à la vie active des personnes handicapées de Laval, Nourrir d’abord, Groupe Promo-Santé Laval, Jeunes au travail, la Maison des familles St-Vincent-de-Paul/Relais du quartier, la Pastorale sociale de l’Ouest de Laval, le Relais communautaire de Laval et Unio Marché Laval.