Ottawa veut rassurer les entreprises touchées par les tarifs lors d’une visite à Laval
Le gouvernement fédéral invite les entreprises québécoises touchées par les droits de douane américains à utiliser les programmes d’aide disponibles avant de réduire leurs activités ou leurs effectifs. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a lancé cet appel le 3 septembre lors d’une visite chez Soremag, une entreprise manufacturière de Laval.
Accompagnée du député d’Alfred-Pellan, Angelo Iacono, et du député de Marc-Aurèle-Fortin et secrétaire parlementaire du ministre de l’Industrie, Carlos Leitão, la ministre a visité les installations de l’entreprise spécialisée dans la fabrication et la réparation de pièces en caoutchouc et en polyuréthane.
La visite visait notamment à présenter Soremag comme un exemple d’entreprise ayant obtenu un soutien fédéral afin de poursuivre ses investissements dans un contexte d’incertitude commerciale.
« Aux entreprises qui sont maintenant affectées par la nouvelle vague de tarifs, on est là pour vous. Venez nous voir, on peut vous aider », a déclaré Mélanie Joly devant les médias.
Des programmes fédéraux mis de l’avant
La ministre a particulièrement interpellé les entreprises des secteurs manufacturiers touchés par la situation commerciale avec les États-Unis, citant notamment le plastique, le ciment, le béton, l’alimentation, le textile et la mode.
Elle a affirmé que plusieurs mesures fédérales étaient accessibles aux entreprises, notamment par l’intermédiaire de Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC), de la Banque de développement du Canada (BDC) et des programmes liés à l’assurance-emploi.
« Via Développement économique Canada, on a des prêts sans intérêt, on a aussi des subventions jusqu’à 3 millions de dollars. On a également de l’aide via l’assurance-emploi pour que vous gardiez vos employés », a énuméré Mme Joly.
Elle a également fait référence à des possibilités de financement offertes par la BDC.
La ministre a encouragé les dirigeants d’entreprises à examiner les programmes disponibles avant de prendre des décisions importantes concernant leurs activités.
« Avec toute cette aide-là, vous pourrez maintenir vos opérations et vos activités. Ne prenez pas de décisions trop brusques. Venez voir quelle solution on peut trouver », a-t-elle ajouté.
Plus de 700 000 $ de DEC pour Soremag
Source RM MCL
Selon Mélanie Joly, Soremag a reçu plus de 700 000 $ de Développement économique Canada afin d’acquérir de nouveaux équipements.
« On voulait démontrer qu’une entreprise qui a été affectée lors de la première phase de la guerre tarifaire a pu continuer à investir en se tournant vers Développement économique Canada pour les régions du Québec », a expliqué la ministre.
Une des nouvelles machines financées avec l’aide fédérale a été présentéependant la visite de l’usine.
Le député Angelo Iacono a précisé à Média Laval que l’équipement présenté provenait d’un fabricant canadien et que son acquisition était financée entièrement dans le cadre du soutien de DEC.
Selon les explications fournies sur place, Soremag achetait auparavant certains équipements semblables auprès de fournisseurs étrangers. L’entreprise s’est finalement tournée vers un fabricant canadien après avoir notamment visité l’équipement à Winnipeg.
M. Iacono a présenté cette acquisition comme un exemple de la volonté du gouvernement fédéral d’encourager les entreprises canadiennes à acheter davantage auprès de fournisseurs du pays.
Une machine pour automatiser une partie de la production
Soremag affirme que le nouvel équipement devrait lui permettre d’accélérer certaines étapes de sa production et d’accroître sa flexibilité dans le moulage du polyuréthane.
Un représentant de l’entreprise rencontré par Média Laval a expliqué qu’une partie du travail était auparavant effectuée de façon plus manuelle.
La nouvelle machine doit notamment permettre de modifier plus facilement les proportions de certains produits utilisés dans le procédé de fabrication, tout en diminuant le nombre de manipulations nécessaires.
Selon l’entreprise, ces gains pourraient lui permettre de produire plus rapidement et d’accéder à de nouveaux marchés sans devoir augmenter sa masse salariale au même rythme que sa production.
L’équipement était en activité depuis environ trois semaines au moment de la visite.
Soremag veut augmenter sa production
L’entreprise prévoit également déménager ses activités dans de nouvelles installations situées à quelques rues de son emplacement actuel.
Selon Soremag interrogé par Média Laval, le nouvel espace devrait notamment permettre une meilleure organisation de la production alors que l’entreprise souhaite poursuivre sa croissance.
Soremag affirme réaliser actuellement un chiffre d’affaires annuel se situant approximativement autour de 4 millions de dollars. À court terme, l’entreprise aimerait éventuellement atteindre entre 6 et 7 millions de dollars de revenus annuels.
Cette croissance ne reposerait pas uniquement sur le nouvel équipement, mais celui-ci devrait permettre à l’entreprise d’améliorer sa productivité et de viser certains marchés jugés plus intéressants.
Toutefois Soremag a souligné que l’automatisation de certaines étapes ne fait pas disparaître l’ensemble du travail manuel. La fabrication et la manipulation de certaines pièces continueront notamment de nécessiter l’intervention d’employés.
Une entreprise lavalloise fondée en 1990
Fondée en 1990, Soremag se spécialise dans le moulage, l’usinage et la réparation de roues, de rouleaux et de différentes pièces en caoutchouc, en polyuréthane et en mousse.
Selon l’entreprise, sa clientèle provient de plusieurs secteurs industriels et ses activités comprennent notamment la conception de moules, le prototypage, le moulage, le meulage et le polissage ainsi que la réfection de roues et de rouleaux.
L’entreprise effectue également différentes étapes de réparation, allant du retrait des anciens revêtements jusqu’à l’application de nouveaux matériaux et au contrôle de la qualité des pièces.
Ottawa mise également sur les achats canadiens
Pendant son passage à Laval, Mélanie Joly a plus largement présenté le soutien aux entreprises manufacturières et l’achat canadien comme des éléments de la réponse du gouvernement fédéral aux tensions commerciales.
Elle a notamment fait référence à l’octroi récent d’un important contrat à Alstom pour la fabrication de voitures ferroviaires à La Pocatière afin d’illustrer cette orientation.
À Laval, la ministre a toutefois concentré son message sur les entreprises qui pourraient être nouvellement touchées par les tarifs américains.
Le gouvernement fédéral souhaite les inciter à communiquer avec ses organismes de développement économique et ses institutions financières afin d’évaluer les mesures auxquelles elles pourraient avoir accès avant de réduire leurs investissements, leur production ou leurs effectifs.