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Économie

Le prolongement de la ligne orange pourrait attirer 31 200 usagers supplémentaires à l’heure de pointe

Map of the proposed Laval metro extension with stations (Le Carrefour, Saint-Martin, Souvenir, Montmorency, De la Concorde, Curé-Labelle, Chomedey) and blue/orange transit routes.
Source Facebook Stéphane Boyer Maire de Laval

Le prolongement de la ligne orange entre les stations Côte-Vertu et Montmorency permettrait de déplacer 31 200 personnes supplémentaires pendant l’heure de pointe du matin et de retirer environ 11 000 voitures des routes, selon des données préliminaires transmises par le cabinet du maire de Laval.

Le scénario étudié réduirait également le temps moyen de déplacement entre le centre-ville de Laval et le centre-ville de Montréal, qui passerait d’environ 50 à 35 minutes. Le trajet en transport collectif entre le Carrefour Laval et la station Côte-Vertu passerait quant à lui d’environ une heure à 14 minutes.

Ces chiffres ont été rendus publics quelques jours après l’annonce, par l’Autorité régionale de transport métropolitain, de huit zones d’étude destinées à orienter le développement futur du transport collectif dans le Grand Montréal.

La première étude de l’ARTM portera sur l’axe Chomedey–Saint-Laurent, qui comprend notamment le territoire où pourrait être réalisé le prolongement réclamé depuis plusieurs années par la Ville de Laval. L’ARTM prévoit rendre publics les résultats complets de cette étude à l’automne.

Un projet présenté comme le plus performant

Le prolongement de la ligne orange serait, selon les résultats préliminaires de la première étude, le projet de transport collectif le plus performant, d’après le cabinet du maire de Laval. Il confirmerait une demande formulée par Laval depuis plusieurs années : un lien structurant capable de déplacer le plus grand nombre de personnes tout en contribuant notamment à réduire la circulation sur l’axe de l’autoroute 15 et de l’autoroute Métropolitaine.

Toujours d’après les données transmises par le cabinet, ces axes figurent parmi les autoroutes les plus achalandées de la province, avec environ 100 000 véhicules circulant quotidiennement sur l’autoroute 15 et 164 000 sur l’autoroute 40 dans les secteurs concernés.

Dans une publication diffusée sur Facebook le 27 juillet, le maire Stéphane Boyer a qualifié ces résultats de « spectaculaires ».

« Le temps de déplacement moyen entre le centre-ville de Laval et le centre-ville de Montréal serait de 35 minutes plutôt que les 50 minutes actuelles. Et le temps de déplacement entre le Carrefour Laval et la station Côte-Vertu en transport en commun passerait d’environ une heure à seulement 14 minutes », a-t-il écrit.

Le maire de Laval affirme que le prolongement aurait des effets positifs sur la mobilité, l’économie et l’environnement. Il demande maintenant au gouvernement du Québec de faire progresser le projet.

Les chiffres présentés par la Ville demeurent toutefois préliminaires. L’ARTM n’ayant pas publié, dans son communiqué du 24 juillet, le détail des scénarios analysés ni la méthodologie à l’origine de ces résultats.

Une étude sur l’axe Chomedey Saint-Laurent

Dans une perspective de planification à long terme du transport collectif dans le Grand Montréal, l’ARTM a annoncé le 24 juillet le lancement de huit zones d’étude métropolitaines qui seront analysées progressivement jusqu’en 2029.

Les deux premières démarches commenceront en 2026 et porteront sur l’axe Chomedey–Saint-Laurent ainsi que sur les secteurs centraux et ouest de Montréal.

Le corridor laurentien et la MRC des Moulins seront étudiés en 2027. Le corridor montérégien ainsi que l’axe Saint-Laurent–Ahuntsic–Montréal-Nord suivront en 2028. Les MRC de Marguerite-D’Youville et de Roussillon seront analysées en 2029.

Ces travaux doivent permettre d’évaluer les besoins actuels et futurs en mobilité, de comparer différents scénarios de transport collectif et de recommander au gouvernement du Québec les projets jugés les plus pertinents.

« Pour répondre aux besoins des prochaines décennies, nous devons dès maintenant réfléchir aux étapes qui suivront. C’est pourquoi la planification du transport collectif doit se faire en continu », a déclaré Benoit Gendron, directeur général de l’ARTM.

L’organisme reconnaît néanmoins que le financement du transport collectif demeure un défi. Il souhaite que les études soient prêtes lorsque les conditions financières permettront le lancement de nouveaux projets.

Une boucle entre Laval et Montréal

Le scénario soutenu par la Ville de Laval consisterait à prolonger la ligne orange au nord de la station Côte-Vertu, puis à la relier à son autre terminus, Montmorency.

Le tracé envisagé comprendrait cinq nouvelles stations et passerait notamment par le secteur de Bois-Franc, où une correspondance avec le Réseau express métropolitain pourrait être aménagée. Une station Saint-Martin permettrait ensuite de relier le prolongement au réseau déjà présent à Laval.

Le projet formerait ainsi une boucle reliant les deux branches actuelles de la ligne orange.

En mars 2025, la Ville de Laval avait annoncé une entente avec six propriétaires fonciers afin de réserver des terrains nécessaires au passage éventuel du métro. Selon l’administration municipale, cette démarche pourrait éviter des expropriations et réduire de plus d’un milliard de dollars le coût du projet.

La Ville évoquait alors un possible début des travaux en 2030 et une mise en service autour de 2036. Aucun échéancier officiel n’a toutefois été confirmé par le gouvernement du Québec.

Conserver le tunnelier de la ligne bleue

Stéphane Boyer demande également que le tunnelier utilisé pour prolonger la ligne bleue jusqu’à Anjou soit conservé après la fin des travaux d’excavation prévue en 2028.

Le maire estime que cet équipement pourrait ensuite servir au prolongement de la ligne orange, ce qui permettrait de réduire les délais et certains coûts associés à l’acquisition d’un nouveau tunnelier.

La titulaire de la Chaire Mobilité de Polytechnique Montréal, Catherine Morency, a également évoqué cette possibilité dans un article publié par La Presse le 24 juillet.

Elle a salué la volonté de l’ARTM de poursuivre la planification à long terme, tout en souhaitant que les nouvelles études mènent à des projets concrets.

Le président de Trajectoire Québec, Axel Fournier, s’est montré plus prudent. Il estime que la multiplication des études ne suffira pas à faire progresser le transport collectif si aucun corridor n’est rapidement priorisé.

Une campagne pour obtenir « la juste part » de Laval

La publication de ces données survient alors que la Ville de Laval et plusieurs partenaires mènent la campagne « Je signe pour Laval », lancée à l’approche des élections provinciales du 5 octobre.

Cette mobilisation réclame des engagements des partis politiques concernant trois projets jugés prioritaires pour la région : l’agrandissement de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, la modernisation et l’agrandissement du Collège Montmorency ainsi que le prolongement de la ligne orange vers l’ouest.

Selon la campagne, Laval se classe pour une troisième année consécutive au 17e et dernier rang des régions québécoises pour les investissements gouvernementaux par habitant.

La coalition affirme que ce sous-investissement contribue à exercer une pression sur les services de santé, l’enseignement supérieur et les déplacements dans une ville qui compte maintenant plus de 460 000 habitants.

Elle soutient également que plus de 1 000 jeunes ne peuvent être admis chaque année au Collège Montmorency en raison du manque de places.

Une coalition de partenaires lavallois

La campagne réunit la Ville de Laval et son conseil municipal, la Société de transport de Laval, le Collège Montmorency, l’Association générale des étudiants de Montmorency, la Chambre de commerce et d’industrie de Laval ainsi que plusieurs acteurs du milieu de la santé, du développement communautaire et de l’immobilier.

La Corporation de développement communautaire de Laval participe également à la coalition au nom de 104 organismes communautaires.

Une lettre destinée aux candidats des prochaines élections provinciales demande des engagements publics et rapides concernant le financement et la réalisation des trois projets.

« Ces projets ne peuvent plus être reportés. Ils sont essentiels pour assurer des services adéquats à la population, maintenir l’équité entre les régions et accompagner la croissance de la troisième plus grande ville du Québec », peut-on lire dans le document de la campagne.

L’étude de l’ARTM sur l’axe Chomedey–Saint-Laurent doit maintenant préciser les différents scénarios possibles. Ses résultats complets, attendus à l’automne, pourraient déterminer la place qu’occupera le prolongement de la ligne orange dans les priorités métropolitaines des prochaines années.

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Alberto Georgian Mihut - Rédacteur en chef
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