Fermette du Centre de la nature : un dossier qui se referme

Source Centre de la nature facebook
La fermeture de la fermette du Centre de la nature, devenue effective le 6 mars 2026, met un point final à l’un des dossiers municipaux les plus débattus des derniers mois à Laval. De l’annonce faite dans le cadre du budget 2026 jusqu’au dépôt, le 2 juin, du rapport de consultation publique initié par la conseillère municipale Isabelle Piché, le dossier aura donné lieu à une importante mobilisation citoyenne, à plusieurs échanges au conseil municipal et à la mise en place d’une solution de remplacement par la Ville.
Une fermeture annoncée dans le cadre du budget 2026
La décision de fermer la fermette a été rendue publique en décembre 2025, dans la foulée de l’adoption du budget municipal 2026. La Ville de Laval indiquait alors vouloir mettre fin progressivement aux activités de la ferme du Centre de la nature, en invoquant notamment la vétusté des installations, les coûts d’exploitation et les investissements qui auraient été nécessaires pour reconstruire ou remettre le bâtiment aux normes.

Source Ahmed Baidou

Debout Dennis Fiévèt
Source Ahmed Baidou
Une mobilisation citoyenne importante
À la suite de l’annonce, une pétition lancée par Dennis Fiévèt a rapidement pris de l’ampleur et a recueilli près de 21 000 signatures. Un rassemblement avec environ 150 citoyens s’est aussi tenu au Centre de la nature le 31 janvier 2026.
Le dossier a ensuite occupé une place importante dans les débats du conseil municipal, notamment avec des records de participation en janvier et février. Plusieurs citoyens ont demandé le maintien de la fermette ou, à tout le moins, la tenue d’une consultation publique avant toute décision irréversible.
Une consultation publique refusée par le conseil
Lors de la séance du conseil municipal de février, la conseillère municipale de Saint-François, Isabelle Piché, avait proposé la tenue d’une consultation publique sur l’avenir de la fermette. Cette proposition a été rejetée par la majorité des élus.
À la place, le conseil a adopté une résolution confiant à la Direction générale le mandat d’analyser des alternatives afin de maintenir des activités liées aux animaux au Centre de la nature, sans conserver la fermette dans sa forme actuelle.
Cette démarche a notamment mené à la solution de rechange de la Ferme PACE, qui permettrait de respecter le cadre budgétaire annoncé.

Source Ville de Laval
Les justifications avancées par l’administration
L’administration du maire Stéphane Boyer avait défendu en février sa décision en affirmant que la fermette représentait un coût d’exploitation élevé, soit plus de 600 000 $ par année, et qu’une reconstruction ou d’importantes mises aux normes seraient nécessaires, ils ont aussi soulignait que ce n’était pas la mission d’une ville de s’occuper de ce type d’infrastructure.
Le maire avait aussi affirmé que les coûts avancés pour l’exploitation et la rénovation de la fermette provenaient d’analyses internes des services municipaux. Il avait expliqué que le bâtiment ne répondait plus aux normes actuelles de bien-être animal et qu’une mise à niveau adéquate nécessiterait la construction d’un nouveau bâtiment, représentant des investissements de plusieurs millions de dollars.
Tout en reconnaissant l’attachement des familles à la fermette, il avait indiqué que la Ville explorait alors des options alternatives pour offrir des activités éducatives liées aux animaux, sans maintenir la structure actuelle.
Du côté du rapport il soulignait toutefois que, selon le consultant-expert François Handfield, d’autres scénarios auraient pu être envisagés, comme le maintien du bâtiment dans son état actuel ou une reconstruction selon des paramètres différents, à des coûts moindres.
Une fermeture devancée au printemps
Bien que la fermeture de la fermette ait d’abord été présentée comme devant survenir en juin 2026, les animaux ont quitté le site plus tôt que prévu. La fermette a officiellement fermé au public le 6 mars.
Selon les informations contenues dans le rapport, certains animaux ont été transférés vers d’autres installations, tandis que d’autres, qui ne pouvaient pas être transportés ou trouver de lieu, ont été euthanasiés.
Une solution de remplacement mise en place

En parallèle à la fermeture, la Ville a annoncé l’arrivée de nouvelles activités animalières gratuites au Centre de la nature. Depuis le 6 juin, une ferme mobile opérée avec l’organisme PACE est présente sur le site les fins de semaine, jusqu’au 27 septembre.
Cette formule prévoit la présence ponctuelle d’animaux comme des alpagas, des moutons et des chèvres dans le parc.
« Nous avons entendu l’attachement des familles lavalloises aux activités avec des animaux au Centre de la nature. C’était important pour nous de trouver une façon de maintenir ce contact privilégié, dans une formule renouvelée et accessible à tous. Grâce à ce partenariat, nous pouvons offrir une expérience éducative et vivante, tout en respectant nos responsabilités financières », a déclaré Christine Poirier, responsable des dossiers liés aux services de proximité au comité exécutif.
Une consultation publique menée par l’opposition

Source Action Laval
Après le refus du conseil de tenir une consultation officielle, Isabelle Piché a lancé une consultation publique indépendante. Le questionnaire en ligne a été accessible du 9 au 31 mars 2026 et a permis de recueillir 224 réponses, selon le rapport. Une rencontre citoyenne s’est aussi tenue le 30 avril.
Le document précise toutefois que cette démarche reposait sur une participation volontaire et qu’elle ne constituait pas un sondage scientifique représentatif de l’ensemble de la population lavalloise.
Parmi les constats présentés, le rapport note notamment que 95 % des répondants disaient visiter la ferme lorsqu’ils se rendaient au Centre de la nature, que 64 % jugeaient l’accessibilité permanente essentielle et que 93 % se disaient favorables à la vente de produits locaux pour contribuer au financement des activités.
Un rapport déposé, un dossier qui se ferme
Le 2 juin, Isabelle Piché a officiellement déposé au conseil municipal le rapport de cette consultation publique. Le document conclut que les participants consultés souhaitaient majoritairement le maintien de la ferme, dans sa forme actuelle ou dans une version rénovée, et que les motifs invoqués pour justifier la fermeture reposaient, selon les auteurs, sur des informations jugées partielles ou insuffisamment documentées.
Les commissaires y recommandent notamment de conserver le bâtiment dans son état actuel, de ne pas retenir le bien-être animal comme motif nécessitant une reconstruction et d’explorer un modèle de gestion plus structuré, incluant éventuellement une fondation dédiée et des sources de revenus complémentaires.
Sur le plan administratif, toutefois, la décision municipale n’a pas été renversée. La fermette est fermée, les animaux ont été relocalisés et la Ville a déjà mis en œuvre une formule de remplacement saisonnière.
Avec le dépôt de ce rapport, le dossier est fermé.
Historique des dénouements du dossier
Le 19 décembre 2025, la fermeture de la ferme du Centre de la nature est annoncée dans le cadre du budget 2026 de la Ville de Laval.
Dans les jours qui suivent, une pétition citoyenne est lancée par Dennis Fiévèt pour demander le maintien de la fermette commence à circuler sur les réseaux sociaux et gagne rapidement en popularité.
Le 31 janvier 2026, environ 125 personnes participent à un rassemblement citoyen organisé au Centre de la nature pour dénoncer la fermeture annoncée.
Lors de cette même séance, le conseil adopte une résolution de la conseillère de Saint-Vincent-de-Paul, Annick Senghor, demandant à la Direction générale d’évaluer des solutions de remplacement permettant de maintenir une offre d’activités animalières au Centre de la nature.
Le même jour, la pétition citoyenne réclamant le maintien de la fermette franchit le cap des 20 000 signatures.
Le 6 mars 2026, la fermette ferme officiellement ses portes au public et les animaux quittent progressivement le site, plusieurs semaines avant l’échéance initialement évoquée par la Ville.
En mars 2026, une commission sur l’avenir de la ferme du Centre de la nature est formée dans le cadre de la démarche lancée par Isabelle Piché.
Le 9 mars, la consultation publique indépendante est officiellement lancée.
Le 31 mars, la période de participation à la consultation prend fin.
Du 9 au 23 avril, la commission procède à l’analyse des réponses recueillies et à la formulation de pistes de solution.
Le 30 avril, les résultats et solutions sont présentés publiquement lors d’une rencontre citoyenne.
Le 2 juin 2026, le rapport final de la commission est officiellement déposé au conseil municipal.
Le 6 juin 2026, débute les activités de la ferme mobile opérée en partenariat avec l’organisme PACE, offerte gratuitement les fins de semaine au Centre de la nature jusqu’au 27 septembre.