20 ans après la tragédie, Laval se souvient de l’effondrement du viaduc de la Concorde

Une commémoration soulignant les 20 ans de l’effondrement du viaduc de la Concorde a eu lieu dans la soirée du mercredi 30 septembre 2026, entre l’école primaire Jules-Verne et le boulevard de la Concorde Est.
Plusieurs dizaines de proches des victimes et de citoyens ont participé à l’événement afin de commémorer les personnes touchées par la tragédie, survenue exactement 20 ans plus tôt, le 30 septembre 2006. Cinq personnes y ont perdu la vie, soit Sylvie Beaudet, Véronique Ginette, Mathieu Goyette, Gilles Hamel et Jean-Pierre Hamel, tandis que six autres ont été blessées.
La commémoration était organisée par la Société d’histoire et de généalogie de l’Île Jésus, en collaboration avec la députée de Mille-Îles, Virginie Dufour.
Cette dernière réclame depuis plusieurs années l’installation d’une plaque commémorative permanente en mémoire des victimes de l’effondrement. Des lettres transmises par son bureau montrent notamment des démarches effectuées auprès de différents ministres des Transports en 2023, 2025 et 2026 afin d’obtenir l’installation d’une telle plaque.
Virginie Dufour a indiqué avoir finalement décidé de financer elle-même une plaque commémorative, affirmant que les familles attendaient depuis 20 ans la création d’un véritable espace de mémoire.
« 20 ans depuis la tragédie. 20 ans que les familles attendent un véritable espace de mémoire. Et après des années de démarches et plusieurs lettres restées sans réponse, il est temps d’agir », a-t-elle écrit dans une publication diffusée à l’occasion de l’anniversaire.
La députée a également reproché à quatre ministres issus de la Coalition avenir Québec de ne pas avoir donné suite à ses démarches.
Une marche en mémoire des victimes

L’événement a débuté à 18 h 30 dans la cour de l’école Jules-Verne par un discours de Gabriel Hamel, fils de Jean-Pierre Hamel et de Sylvie Beaudet, ainsi que neveu de Gilles Hamel, tous trois décédés lors de l’effondrement du viaduc.
Après son discours, les participants se sont vu offrir une rose blanche ou une bougie avant d’être invités à commencer la marche.
Vers 19 h, les personnes présentes ont commencé à marcher sur la rue de l’École, puis sur la rue J.-J. Joubert, avant de se rendre jusqu’au boulevard de la Concorde Est. Elles étaient accompagnées de quelques voitures de police afin d’assurer la sécurité des piétons.
Arrivé à une intersection du boulevard de la Concorde Est, le cortège s’est arrêté afin d’observer une minute de silence en hommage aux victimes. Les participants ont également déposé leurs roses devant une plaque portant le nom des cinq personnes décédées 20 ans auparavant.
Après cette courte pause, la marche a repris dans le sens inverse. De retour à l’école Jules-Verne, l’événement a pris fin vers 20 h.
Le souvenir d’une tragédie
Le 30 septembre 2006, il est 12 h 37 lorsqu’une partie du viaduc, construit en 1970, s’effondre, écrasant deux voitures qui circulaient sur l’autoroute 19.
Les cinq personnes à bord des véhicules ont perdu la vie, tandis que six autres personnes qui se trouvaient sur le tablier du pont au moment de l’effondrement ont été blessées. Ces dernières ont été entraînées dans la chute du viaduc, mais ont survécu.
Une enquête pour comprendre l’effondrement
Quelques jours après le drame, une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes de l’effondrement.
D’après Bruno Massicotte, professeur au Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal, différents problèmes liés à la structure ont contribué à l’effondrement.
En inspectant le viaduc de Blois, une structure similaire à celle de la Concorde, il avait notamment relevé plusieurs défauts, dont une importante fissure. Selon ses analyses, la présence de cette fissure, combinée notamment au positionnement des armatures, faisait partie des éléments permettant d’expliquer la défaillance de la structure.
Des normes de construction resserrées
Depuis la tragédie, le ministère des Transports et de la Mobilité durable affirme avoir apporté plusieurs modifications à ses pratiques d’inspection et aux exigences applicables aux structures sous sa responsabilité.
Le ministère indique également avoir resserré les exigences concernant la construction de nouvelles structures. La construction de structures de type porte-à-faux reposant sur des chaises en travée, comme celle du viaduc du boulevard de la Concorde, n’est désormais plus autorisée.