À Chomedey, l’épicerie solidaire Au Panier mise sur l’accessibilité et la proximité

Source AGM MCL
Alors que l’insécurité alimentaire continue de progresser à Laval, où près de 122 000 personnes vivaient dans un contexte d’insécurité alimentaire en 2025 selon des données citées par l’organisme, Au Panier poursuit le développement de son modèle d’épicerie solidaire dans Chomedey. Ouvert depuis le 6 janvier 2026 au centre communautaire Simonne-Monet-Chartrand, à proximité de plusieurs HLM du secteur, l’organisme veut offrir une alimentation plus accessible, dans un lieu de proximité pensé pour l’ensemble de la communauté.

Source AGM MCL
Au Panier se présente à la fois comme une épicerie solidaire et un organisme communautaire. On y retrouve des produits alimentaires, des essentiels du quotidien, des repas faits maison et des activités ouvertes à tous. L’organisme précise qu’il ne s’agit pas d’un service de dépannage alimentaire, mais d’une épicerie accessible à tout le monde, sans justificatif de revenu.
Un modèle basé sur deux tarifs

Source AGM MCL
L’une des particularités d’Au Panier repose sur son système de double tarification. À l’entrée, les clients peuvent choisir entre un tarif régulier et un tarif réduit, à l’aide d’un système de jetons conçu pour offrir davantage de discrétion à la caisse. Selon les informations transmises par l’organisme, aucun justificatif n’est demandé et chacun peut sélectionner le tarif qui correspond à sa réalité financière du moment.
Marie-Michelle Beaucage, responsable des opérations et du développement, nous a expliqué que cette approche vise à réduire certaines barrières liées à l’aide alimentaire, notamment pour les personnes dont la situation financière récente ne se reflète pas nécessairement dans un document officiel.
Le tarif régulier permet aussi de soutenir le fonctionnement du projet. L’organisme affirme que les clients qui paient ce prix contribuent à maintenir le modèle solidaire et à rendre les produits plus accessibles pour d’autres.
Des prix inspirés du marché, avec une logique d’économie sociale

L’organisme indique chercher à établir ses prix réguliers en fonction du marché, en se comparant notamment à des détaillants offrant déjà des prix concurrentiels. Lorsque sa marge le permet, l’organisme applique ensuite un rabais pour le tarif réduit. Marie-Michelle Beaucage donne en exemple certains produits pour lesquels un rabais de 25 % peut être accordé, tandis que d’autres, comme certains produits laitiers, ne permettent pas de réduction parce qu’ils sont déjà achetés au prix du marché.
L’organisme précise aussi que ses profits sont réinvestis dans la mission, afin de proposer des prix plus accessibles, de faire vivre le projet et de développer des activités pour la communauté.
Plus de 7 000 factures depuis l’ouverture
Selon les chiffres partagés, Au Panier avait généré environ 25 000 $ en ventes nettes entre son ouverture du 6 janvier et la fin du mois de mars, malgré une fermeture de deux semaines liée au mouvement de grève dans le milieu communautaire, «Le communautaire à boutte». L’organisme dit avoir enregistré plus de 7 000 factures durant cette période, avec une facture moyenne d’environ 14 $. Il comptait aussi 376 personnes inscrites, principalement parmi la clientèle utilisant le tarif réduit.
Ces données montrent, selon l’organisme, un intérêt réel pour le projet, même si l’équipe souhaite encore augmenter la fréquentation.
Miser sur la proximité pour se faire connaître
Au Panier estime que plusieurs résidents du secteur ne connaissent pas encore suffisamment l’épicerie ou croient, à tort, qu’elle s’adresse uniquement aux personnes à très faible revenu. Pour y remédier, l’organisme prévoit notamment du porte-à-porte dans les immeubles voisins, en plus de son affichage local et de sa présence sur les réseaux sociaux.
Marie-Michelle Beaucage souligne aussi que l’épicerie répond à un besoin de proximité. Certaines personnes lui auraient confié préférer ce lieu à de grandes surfaces, en raison de l’accueil plus personnalisé et de l’ambiance plus calme.
Une mission qui dépasse l’épicerie
Au-delà de l’alimentation, Au Panier propose également un comptoir café, un service de traiteur et des activités communautaires ouvertes à tous. L’organisme se décrit comme un lieu de proximité qui contribue à briser l’isolement, particulièrement pour les personnes qui préfèrent un espace plus petit et humain aux grandes surfaces.
L’équipe est composée de cinq employés, appuyés par des bénévoles qui participent au fonctionnement quotidien de l’épicerie.
Une épicerie encore en développement
Toujours en phase de développement, l’épicerie solidaire Au Panier continue d’ajuster son fonctionnement depuis son ouverture en janvier. L’organisme doit composer avec plusieurs volets à la fois, entre l’épicerie, le comptoir café, les bénévoles, les commandes et les activités communautaires, ce qui l’a notamment amené à revoir ses heures d’ouverture.
Malgré cette période d’ajustement, l’équipe estime que le service pourrait gagner en popularité au cours des prochains mois, à mesure que les efforts de promotion se poursuivent et que davantage de citoyens découvrent le modèle d’épicerie solidaire proposé dans le secteur.