Les traumatismes non intentionnels à Laval: Un enjeu de santé publique en croissance, selon le CISSS de Laval

source CISSS de Laval
Le CISSS de Laval a dévoilé le 5 janvier un nouveau bulletin de surveillance mettant en lumière l’ampleur des traumatismes non intentionnels (TNI) sur le territoire. Publié dans Laval sous la loupe (vol. 2, no 1, janvier 2026) par la Direction de santé publique de Laval, le document dresse un portrait préoccupant de ces blessures accidentelles qui représentent un enjeu majeur de santé publique.
Les TNI regroupent les blessures causées par des événements non intentionnels tels que les chutes, les collisions de véhicules motorisés, les intoxications, les incendies ou les noyades. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, ces traumatismes peuvent entraîner des incapacités temporaires ou permanentes et, dans les cas les plus graves, mener au décès.
Des hospitalisations en hausse à Laval
Entre avril 2021 et mars 2024, on comptait en moyenne 2 432 hospitalisations de courte durée par année attribuables à des TNI à Laval. Cela correspond à un taux ajusté de 49,6 hospitalisations pour 10 000 personnes, un niveau désormais supérieur à la moyenne québécoise, établie à 47,3.
Cette situation marque un renversement de tendance. Au cours des périodes 2009–2012 et 2015–2018, Laval affichait des taux inférieurs à ceux du reste du Québec. La croissance démographique et le vieillissement de la population expliquent en partie cette évolution, bien que les hospitalisations pour TNI représentent toujours environ 8 % de l’ensemble des hospitalisations de courte durée sur le territoire.
Les chutes, principal facteur de risque
L’analyse des causes révèle une prédominance nette des chutes. Pour la période 2021–2024, 83,6 % des hospitalisations liées aux TNI à Laval sont attribuables à des chutes, une proportion nettement plus élevée que la moyenne provinciale de 73,6 %.
Les autres causes demeurent marginales :
- Accidents de véhicules motorisés : 4,2 %
- Chocs, chutes d’objets et compressions : 1,8 %
- Autres causes diverses : 10,4 %
À l’inverse, les traumatismes liés aux véhicules motorisés sont en diminution depuis une quinzaine d’années. Laval affiche même de meilleurs résultats que la moyenne québécoise pour ce type d’accidents.
L’âge, un facteur déterminant
Le risque de TNI varie fortement selon l’âge.
- Chez les moins de 18 ans, les chutes demeurent la première cause, mais les chocs et les corps étrangers occupent aussi une place importante.
- Chez les adultes de 18 à 64 ans, les chutes représentent près de 58 % des hospitalisations, suivies par les accidents de la route.
- Chez les 65 ans et plus, la situation devient critique. Les chutes sont responsables de plus de 86 % des hospitalisations chez les 65–74 ans et de près de 95 % chez les 75 ans et plus.
Chez les personnes de 85 ans et plus, le taux d’hospitalisation atteint des sommets, dépassant 750 hospitalisations pour 10 000 personnes chez les femmes.
Une spécificité lavalloise : la surreprésentation des femmes
Contrairement à la tendance provinciale, où les hommes présentent généralement des taux plus élevés de traumatismes, Laval se distingue par une surreprésentation féminine. Le taux ajusté chez les femmes lavalloises atteint 50,5 pour 10 000, comparativement à 47,1 chez les hommes.
Cet écart s’explique principalement par la fréquence des chutes chez les femmes âgées. Après 75 ans, les taux d’hospitalisation et de mortalité par TNI augmentent beaucoup plus rapidement chez les femmes que chez les hommes.
Une mortalité en forte progression
Le bulletin souligne également une hausse marquée de la mortalité associée aux TNI. Ceux-ci constituent désormais la huitième cause de décès à Laval. En une décennie, le nombre annuel moyen de décès est passé de 68 à 140, soit un doublement.
Les chutes demeurent la principale cause de décès liés aux TNI (68,6 %), suivies des intoxications, des accidents de la route et des suffocations. La mortalité est fortement corrélée à l’âge, atteignant près de 60 décès pour 10 000 personnes chez les 85 ans et plus.
Un défi croissant pour les prochaines années
Selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec, environ 4 000 Lavallois de 65 ans et plus subiront une blessure liée à une chute en 2025. Déjà en 2023, plus de 80 % des appels à Info-Santé concernant des chutes provenaient d’aînés.
Le rapport de la Direction de santé publique de Laval met ainsi en évidence l’urgence d’agir, notamment en matière de prévention des chutes, de sécurisation des milieux de vie et de sensibilisation des proches. Avec le vieillissement accéléré de la population, les TNI s’imposent comme un enjeu prioritaire pour la santé publique lavalloise au cours des prochaines années.