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Environnement

Transports en commun « Il y a urgence d’agir pour protéger ce service essentiel », plaide la FTQ

Le financement du transport en commun au Québec traverse actuellement une période d’incertitude, les villes et les gouvernements se renvoient la balle concernant la responsabilité. Plusieurs organisations réclament de l’action pour cet enjeu crucial qui affecte tous les Québécois, et qui pourrait bientôt mener à des coupures dans ces services en raison du manque de financement.

Lors du Forum national sur le financement du transport collectif et public, tenu le 20 juin dernier, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et ses alliés de la société civile ont lancé un appel collectif pressant. La plus grande organisation syndicale du Québec a souligné l’urgence d’agir pour assurer la pérennité du transport collectif, un service essentiel pour répondre aux besoins de la population, lutter contre les changements climatiques et soutenir l’économie.

La FTQ et ses partenaires dénoncent la logique du profit à tout prix, la logique marchande et le désengagement du gouvernement provincial. Ils soulignent que les services stagnent voire se réduisent, comme en témoignent les récentes coupures.

Voir: https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-06-17/crise-du-transport-collectif/nouvelle-vague-de-suppressions-de-postes-a-laval.php

Actuellement, les infrastructures automobiles sont largement financées par des fonds publics, alors que le transport collectif souffre d’un sous-financement chronique. « La logique de profit a pris le dessus sur les besoins des usagers et la quête de rendement passe avant le reste. « Le fait que les usagers soient les principaux contributeurs aux coûts du transport collectif, qui pourtant bénéficie à l’ensemble de la société, est une iniquité injustifiable comparée au financement illimité des routes ! » plaide Denis Bolduc, Secrétaire général, FTQ

Il est notamment défendu que les réductions accroîtront la pression sur les chauffeurs d’autobus. Ce manque d’investissement, nous pouvons facilement le deviner, impactera à long terme les populations les plus vulnérables, augmentera l’isolement et détériorera notre santé et notre environnement.

Les intervenants du forum affirment également que les politiques actuelles démobilisent l’expertise québécoise en transport collectif. Pour eux, la clé pour augmenter l’achalandage et lutter contre le réchauffement climatique est d’augmenter l’offre de transport collectif, et non seulement d’électrifier les véhicules.

Des arguments en faveur du transport collectif ont été présentés tout au long du forum, notamment par Johanne Elsener, Présidente de Santé urbaine et membre L’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME):

La dépendance à la voiture nous tue et nous rend malades. La pollution atmosphérique est responsable de 4 000 décès au Québec et nous coûte collectivement 30 milliards de dollars par an.

Johanne Elsener, Présidente de Santé urbaine et membre L’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)

Voir: https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-06-05/le-transport-collectif-bon-pour-la-sante-et-les-finances-publiques.php

Pour les divers conférenciers, le verdict est clair : le transport collectif nous enrichit collectivement, tandis que la voiture solo nous appauvrit. Cela concorde avec les études faites à Vancouver et ici au Québec. Chaque dollar investi dans les transports en commun génère 3 $ en croissance économique. De plus, chaque kilomètre parcouru en voiture coûte 0,95 $ à l’usager et 5,46 $ à la société, contre seulement 1,21 $ de coût social pour chaque kilomètre parcouru en transport collectif, soit cinq fois moins.

Voir: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2071734/transports-commun-investissement-mobilite-quebec

Nous notons la présence et la participation active durant ce forum de divers acteurs politiques tels que :

Valérie Plante, Mairesse de Montréal

Alexandra Labbé, Mairesse de Chambly

Maude Mercier Larouche, conseillère municipale pour le district Saint-Louis-Sillery à Québec

Alejandra Zaga Mendez, Député de Verdun

Etienne Grandmont, Député de Taschereau

Situation à Laval:


À Laval, par exemple, si rien ne change, il y aura un manque à gagner de 2,4 millions de dollars pour l’année 2024. De plus, le gouvernement a demandé de réaliser des économies supplémentaires de 1,1 million de dollars, portant le total du déficit à combler à 3,5 millions de dollars.

Pendant la période d’été et d’automne, des interventions sont prévues pour pallier cette situation financière difficile. Avec une reprise de l’achalandage autour de 90%, la question de la «capacité résiduelle» devient centrale, marquant la première fois que les autorités parlent du taux d’occupation des véhicules en termes de rentabilité, semblable à une compagnie privée, au lieu de se concentrer sur les services aux citoyens. Des réductions de service pendant les périodes moins achalandées sont envisagées.

Actions prévues :

  1. Ajustement des fréquences de 20 à 30 minutes en pointe PM sur certaines lignes locales.
  2. Ajustement des fréquences sur les lignes structurantes de l’axe des Laurentides : a. Lignes 17 et 31 : de 20 à 30 minutes. b. Ligne 73 : reste à 15 minutes en pointe PM.
  3. Retrait du plan de relance : a. Fréquences de 20 à 30 minutes en soirée sur les lignes structurantes 26, 42, 151. b. Fréquences de 30 à 60 minutes entre 8h et 14h sur les lignes d’entreprises 22/222, 37 et 45.
  4. Retrait du service après 23h sur les lignes locales et commerces générales.
  5. Retrait du service après 22h sur les lignes commerciales (39-56-60-66).
  6. Retrait de la ligne de pointe 41.
  7. Retrait du service express 942.
  8. Ajustement des fréquences de 20 à 30 minutes en pointe sur les lignes express 901 et 925.
  9. Ajustement du service sur les lignes structurantes de l’axe des Laurentides : a. Lignes 17 et 31 : de 20 à 30 minutes en pointe AM. b. Lignes 17 et 31 : de 30 à 60 minutes hors pointe.
  10. Ajustement des fréquences de 20 à 30 minutes en pointe AM sur les lignes locales.
  11. Fin de semaine : a. Retrait du service après 23h sur les lignes locales. b. Retrait du service après 22h sur les lignes 39-56-60-66. c. Retrait de la ligne 360.
  12. Retrait des voyages scolaires.
  13. Taxis collectifs : a. Retrait du service T14. b. Ajustement du service T03.
  14. Suspension du service de résidences pour aînés dès l’été 2024.
  15. Navettes Place Bell : arrêt du service pour les spectacles, maintenu pour le Rocket.

Lorsque questionné sur l’impact de ces mesures sur la pression accrue sur les chauffeurs d’autobus et l’augmentation des agressions qu’ils subissent au quotidien, l’employeur a répondu : «On ne peut pas régler tous les problèmes du monde.»

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