La grève « Le communautaire à boutte » se poursuit à Laval

Alors que la campagne nationale « Le communautaire à boutte » est en cours jusqu’au 2 avril, plusieurs organismes lavallois participent actuellement à la grève de services et aux actions de mobilisation. Le mouvement, né en Mauricie avant de s’étendre à l’ensemble du Québec, vise à dénoncer le sous-financement chronique du milieu communautaire et à réclamer de meilleures conditions de travail ainsi qu’un financement récurrent plus important.
À Laval, plus d’une trentaine d’organismes auraient confirmé leur participation à la mobilisation, selon les informations rapportées plus tôt par Le Courrier Laval et celles diffusées par des organismes locaux. Plus d’une douzaine d’organismes lavallois, et possiblement davantage, seraient aussi officiellement en grève de services pendant la campagne.
Une mobilisation bien présente dans la région
Le mouvement touche plusieurs secteurs du communautaire lavallois, notamment les maisons des jeunes, l’aide alimentaire, la défense des droits, le soutien aux familles et d’autres services de proximité.
Des organismes comme la Maison des enfants Le Dauphin, le Centre communautaire Val-Martin et Au Panier ont été identifiés parmi les groupes participants. Des acteurs locaux comme le Relais communautaire de Laval et le Carrefour jeunesse-emploi de Laval ont aussi affiché publiquement leur solidarité envers la campagne.
Selon Le Courrier Laval, plusieurs mandats de grève avaient déjà été remis à Laval au début du mouvement. Certaines prestations essentielles devaient être maintenues, mais une partie des activités habituelles du milieu devait être remplacée par des actions de sensibilisation, d’éducation populaire et de mobilisation.
Des revendications centrées sur le financement et les conditions de travail
La campagne met de l’avant plusieurs revendications. Les groupes demandent notamment des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire, un financement suffisant à la mission avec indexation et rehaussement, une reconnaissance pleine et entière du rôle des organismes, ainsi que la protection de leur autonomie.
Les porte-parole du mouvement dénoncent aussi la précarité liée au financement par projet à court terme, qu’ils jugent insuffisant pour assurer la stabilité des équipes et le maintien des services.
« Les revendications sont très simples : c’est d’améliorer les conditions de travail, d’accroître le financement à la mission et la reconnaissance pour les organismes », expliquait Joelle Dorion, directrice générale des Maisons des jeunes de Laval-Ouest et du Marigot et représentante de la cellule lavalloise du mouvement, dans une entrevue accordée à Le Courrier Laval.
Des actions prévues jusqu’au 2 avril
Pendant la grève, plusieurs actions locales sont prévues à Laval, notamment sur les réseaux sociaux, avec des témoignages sur les impacts du sous-financement et des publications de sensibilisation.
Des piquetages dans plusieurs quartiers et des occupations symboliques de l’espace public sont annoncés pour le 31 mars. Une marche funèbre doit aussi avoir lieu le 1er avril, avec un départ prévu au Centre Simonne-Monet-Chartrand à 16 h, afin d’illustrer de manière symbolique la « mort » potentielle du communautaire si la situation ne change pas.
La campagne doit culminer le 2 avril avec une grande mobilisation nationale devant l’Assemblée nationale à Québec, à laquelle une délégation lavalloise devrait prendre part.
Des figures locales mises de l’avant
Dans une publication récente, le Centre communautaire Val-Martin a souligné le rôle d’Édith Gingras, directrice adjointe du secteur Famille, présentée comme co-porteuse du mouvement de grève « Le communautaire à boutte » pour la région de Laval aux côtés de Joelle Dorion.
Selon cette publication, Édith Gingras a contribué à mobiliser le milieu, à sensibiliser des élus et à porter les revendications du secteur auprès de différentes instances, dont le CISSS. La directrice générale du Centre communautaire Val-Martin, Noémie Barolet, y salue son engagement dans la défense des droits ainsi que son rôle dans la mobilisation régionale.
Québec solidaire affiche son appui
Les associations de Québec solidaire de Laval ont aussi exprimé leur appui à la campagne dans un communiqué diffusé le 25 mars. Le parti y affirme soutenir les organismes du milieu communautaire autonome et les personnes intervenantes qui y travaillent.
Dans ce communiqué, Québec solidaire reprend plusieurs revendications du mouvement, dont l’amélioration des conditions de travail, un financement suffisant à la mission, la reconnaissance des organismes et la protection de leur autonomie. Le parti soutient que le sous-financement chronique du milieu communautaire fragilise le filet social et réduit la capacité des organismes à répondre aux besoins des personnes vivant diverses formes de précarité.
Un rôle central dans plusieurs réalités lavalloises
À Laval, les organismes communautaires interviennent dans plusieurs domaines, dont l’éducation populaire, l’aide alimentaire, l’alphabétisation, le soutien aux familles, l’employabilité, le logement, l’appui aux femmes, la proche aidance, l’itinérance et la santé mentale.
La mobilisation en cours vise ainsi à rappeler que, pour les groupes participants et leurs appuis, la stabilité du milieu communautaire est directement liée à sa capacité de maintenir des services de proximité dans les quartiers et de répondre à des besoins souvent complémentaires à ceux du réseau public.