À Laval, des jeunes filles prennent la parole sur l’identité, l’intégration et leur avenir
À l’occasion de la Journée internationale de la fille, l’événement Elles prennent leur place : de l’identité à l’avenir professionnel a réuni le 9 octobre au Musée de la santé Armand-Frappier, à Laval, des adolescentes, de jeunes femmes, des intervenantes et des représentantes du milieu municipal autour des enjeux d’identité, d’intégration et d’avenir professionnel.
Organisée conjointement par Femmes en emploi et Femmes qui foncent, la journée visait notamment à donner la parole aux jeunes filles, particulièrement à celles issues de la diversité culturelle, afin qu’elles puissent partager leurs expériences et réfléchir aux obstacles rencontrés dans leur parcours.
L’activité bénéficiait du soutien de la Fondation pour les communautés noires ainsi que d’un soutien partiel du gouvernement du Canada.
« Votre identité est une richesse »
Dans son mot d’ouverture, la direction de Femmes en emploi a rappelé que les parcours d’intégration sociale et professionnelle commencent bien avant l’entrée sur le marché du travail.
« Nous accompagnons les femmes immigrantes et racisées dans leur intégration sociale et professionnelle. Et nous savons que ce parcours se construit bien avant le premier emploi, donc ça veut dire à l’école, dans la famille, dans les amitiés et dans le regard que l’on porte sur soi », a-t-elle expliqué.
L’organisme souhaitait notamment transmettre un message aux adolescentes présentes.
« Votre identité est une richesse. Votre voix compte et vos rêves méritent d’être soutenus. Vous avez toute votre place dans les études, dans le monde du travail et dans les espaces où se prennent les décisions », a-t-elle ajouté.
Selon les organisatrices, la Journée internationale de la fille constitue également une occasion de reconnaître les droits et le potentiel des jeunes filles tout en portant attention aux obstacles susceptibles de freiner leur parcours.
Trois discussions autour du parcours des jeunes femmes
La programmation était organisée autour de trois grandes conversations.
Le premier panel portait sur le fait de grandir entre deux cultures. Le deuxième abordait l’affirmation de son identité et la recherche de sa place, tandis que le troisième devait s’intéresser à l’intégration en milieu professionnel des personnes issues de la diversité.
Un atelier créatif inspiré de tissus africains faisait également partie de la programmation afin de poursuivre les échanges autour de l’identité et de l’expression personnelle.
Dès le début de l’événement, l’animatrice a invité le public à accueillir les témoignages avec ouverture, rappelant que les expériences liées à l’identité, à l’immigration ou au sentiment d’appartenance peuvent différer considérablement d’une personne à l’autre.
L’objectif, a-t-elle expliqué, était notamment « d’ouvrir un dialogue » et d’encourager les participantes à poursuivre les discussions avec les panélistes après leurs interventions.
L’écoute des adultes mise de l’avant
Deux adolescentes de 17 ans fréquentant le Collège Montmorency ont notamment participé au premier panel.
Elles ont raconté certains éléments de leur parcours et abordé les réalités associées au fait de grandir entre différentes références culturelles.
Selon les observations recueillies par Média Laval sur place, les deux jeunes ont notamment insisté sur l’importance de l’écoute des adultes lorsqu’une adolescente est confrontée à des situations d’intimidation, de discrimination ou de racisme. Elles ont ensuite répondu aux questions du public.
La discussion a également abordé des situations du quotidien pouvant accompagner la construction identitaire, notamment le changement de langue selon les contextes, les références culturelles partagées en famille ou encore certaines expériences liées aux cheveux et à l’apparence.
Aline Dib souligne l’importance de l’initiative
La conseillère municipale de Saint-Martin, Aline Dib, responsable du dossier de la condition féminine à la Ville de Laval, était également présente.
Elle a souligné que l’initiative rejoignait, selon elle, certaines valeurs portées par la Ville en matière de participation et d’égalité.
« C’est notre rôle, chacun de nous, d’être solidaires, d’être ensemble, coude à coude, pour prendre la place », a-t-elle déclaré.
Mme Dib a également encouragé les jeunes présentes à s’affirmer et à développer leur leadership.
« Prenez votre place, c’est votre journée », leur a-t-elle lancé, souhaitant que des initiatives semblables puissent se poursuivre afin de soutenir les prochaines générations de jeunes femmes.
Des parcours qui commencent avant l’emploi
À travers cette journée, Femmes en emploi souhaitait également établir un lien entre les expériences vécues pendant l’adolescence et les réalités rencontrées plus tard dans les études ou sur le marché du travail.
L’organisme accompagne principalement des femmes immigrantes et racisées dans leurs parcours d’intégration sociale et professionnelle.
Pour les organisatrices, travailler sur l’identité, la confiance et le sentiment d’appartenance dès l’adolescence peut ainsi faire partie d’une réflexion plus large sur la place qu’occuperont éventuellement les jeunes femmes dans les milieux scolaires, professionnels et décisionnels.
L’événement du 9 octobre voulait avant tout leur offrir un espace pour raconter leurs expériences, poser leurs questions et participer directement aux discussions qui les concernent.