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Société

Fermette du Centre de la nature : forte mobilisation citoyenne contre la fermeture

Source Ville de Laval

La question de la fermette du Centre de la nature a dominé les travaux du conseil municipal des 3 et 4 février derniers, une séance initialement prévue le 3 février mais ajournée au lendemain en raison du nombre élevé d’interventions. Dans la soirée du 3 février, des dizaines de citoyennes et citoyens se sont rassemblés pour réaffirmer leur opposition à la fermeture annoncée de la fermette, un dossier qui suscite une mobilisation soutenue depuis plusieurs semaines.

Une période de questions marquée par de nombreuses interventions

Lors de la période de questions des citoyens, plusieurs personnes ont interpellé l’administration municipale afin d’obtenir des explications précises et des engagements clairs.

Pétition lancé par Dennis Fivet source changeorg

Le lanceur de la pétition citoyenne, Dennis Fivet, a d’abord demandé à connaître la date exacte du rapport indiquant que la fermette représenterait un danger justifiant sa fermeture. Il a également questionné l’administration sur l’utilisation des fonds liés au plan de réhabilitation du Centre de la nature, évalué à 30 millions de dollars entre 2015 et 2025, souhaitant savoir quelles sommes avaient été dépensées et pour quels travaux.

Le citoyen Jonathan Tremblay a ensuite pris la parole pour rappeler l’importance symbolique et sociale de la fermette. Il a décrit le site comme un lieu éducatif, intergénérationnel et accessible, soulignant qu’il s’agit de l’une des rares activités gratuites offertes aux familles, y compris aux personnes en situation de précarité. Il a également exprimé ses inquiétudes quant à la capacité de la Ville à financer de nouveaux projets, comme l’acquisition du golf Sainte-Rose, alors que le maintien de la fermette est jugé trop coûteux. Parmi ses questions figuraient notamment la date à laquelle les difficultés financières de la fermette ont été identifiées et l’état d’avancement de l’engagement du maire à rendre publics certains procès-verbaux des comités consultatifs.

Le président du Syndicat des travailleurs en loisir de la Ville de Laval, Lucas Maltais, en était pour sa part à une troisième intervention devant le conseil municipal sur ce dossier. Il a dénoncé la perte d’un service gratuit pour la population et a évoqué des pistes de financement alternatives, comme la tarification du stationnement pour certains visiteurs. Il a également remis en question l’argument selon lequel les animaux seraient vieillissants, rappelant que de nouveaux animaux avaient été accueillis peu avant l’annonce de la fermeture. Il a demandé davantage de transparence quant aux coûts d’exploitation, notant que les montants évoqués variaient d’une intervention à l’autre.

Robert Lacasse citoyen de Vimont
Source Ville de Laval

De son côté, Robert Lacasse, citoyen lavallois depuis 56 ans, a marqué les esprits lorsqu’il a exprimé sa colère face à la décision de fermeture. Il a demandé au maire de répondre clairement, par un oui ou par un non, à la possibilité d’une consultation publique sur l’avenir de la fermette, qu’il considère comme un élément distinctif important pour Laval.

Les élus de l’opposition montent au front

Isabelle Piché conseillère municipale de Saint François
Source Ville de Laval

La conseillère municipale de Saint-François Isabelle Piché, d’Action Laval, qui avait déposé une proposition en faveur d’une consultation publique, a remercié les personnes mobilisées et rappelé la manifestation du 31 janvier, qui avait rassemblé environ 125 personnes. Elle a souligné que la fermette accueille plus de 180 000 visiteurs par année et constitue l’infrastructure municipale la plus visitée. Selon elle, la décision de fermeture a été prise sans réflexion suffisante et sans véritable écoute citoyenne.

Louise Lortie conseillère municipal de Marc Aurèle Fortin
Source Ville de Laval

La conseillère de Marc-Aurèle Fortin, Louise Lortie, du Parti Laval, a pour sa part affirmé que les citoyens souhaitent le maintien de la fermette elle-même, et non une simple activité ponctuelle avec des animaux.

« La fermette, c’est un lieu où les enfants peuvent apprendre d’où viennent les animaux. C’est important qu’ils découvrent autre chose que juste un chien ou un chat d’où ça vient. On doit offrir ça à nos citoyens et citoyennes, à nos enfants, à nos petits-enfants. »

La réponse du maire et le contexte budgétaire

Stéphane Boyer maire de Laval
Source Ville de Laval

En réponse aux nombreuses interventions, le maire Stéphane Boyer a longuement contextualisé la décision. Il a rappelé que l’administration municipale est confrontée à un rattrapage inflationniste important, particulièrement en ce qui concerne les contrats et la masse salariale. Selon lui, les choix budgétaires récents ont été difficiles et incluent notamment le licenciement de 100 employés municipaux.

Le maire a affirmé que les coûts avancés pour l’exploitation et la rénovation de la fermette proviennent d’analyses internes des services municipaux. Il a expliqué que le bâtiment ne répond plus aux normes actuelles de bien-être animal et qu’une mise à niveau adéquate nécessiterait la construction d’un nouveau bâtiment, représentant des investissements de plusieurs millions de dollars. Tout en reconnaissant l’attachement des familles à la fermette, il a indiqué que la Ville explore désormais des options alternatives pour offrir des activités éducatives liées aux animaux, sans maintenir la structure actuelle.

Une décision confirmée, malgré la mobilisation

Malgré une pétition ayant dépassé les 20 000 signatures, le sort de la fermette semble désormais scellé. Les élus du parti au pouvoir ont voté contre la tenue d’une consultation publique, rejetant la proposition déposée par l’opposition. L’administration a plutôt confié à la Direction générale le mandat d’analyser des alternatives, excluant explicitement le maintien de la fermette telle qu’elle existe aujourd’hui.

Les partis d’opposition, Action Laval et Parti Laval, dénoncent une décision prise sans consultation et parlent d’un geste antidémocratique. Ils accusent l’administration d’avoir imposé un vote rapide, sans permettre un débat approfondi, et annoncent leur intention de poursuivre la réflexion avec la population par leurs propres moyens.

Alors que la fermette du Centre de la nature, ouverte depuis plus de 55 ans, s’apprête à fermer ses portes dans les prochains mois, le débat met en lumière une fracture importante entre l’administration municipale et une partie de la population sur les enjeux de participation citoyenne, de priorités budgétaires et de préservation des équipements collectifs à Laval.

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Alberto Georgian Mihut - Rédacteur en chef
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