Budget du Québec 2026-2027 : un exercice de rigueur à l’approche des élections

Source Radio Canada Sylvain Roy Roussel
À sept mois des élections prévues en octobre 2026, le gouvernement de la CAQ – Coalition Avenir Québec a présenté, le 18 mars, un budget qualifié de sobre et axé sur le retour à l’équilibre des finances publiques.
Déposé par le ministre des Finances Éric Girard, ce budget prévoit un déficit en baisse, mais toujours important, avec un objectif de retour à l’équilibre en 2029-2030.
Un déficit en diminution, mais encore élevé
Selon les chiffres présentés, le déficit pour 2025-2026 se situerait autour de 9,9 milliards de dollars, en baisse par rapport aux 13,6 milliards anticipés l’an dernier.
Pour 2026-2027, les revenus sont estimés à environ 166,5 milliards de dollars, contre des dépenses d’environ 170,8 milliards, ce qui laisse un déficit variant entre 6 et 8,6 milliards selon les méthodes de calcul.
Le gouvernement mise sur une croissance des dépenses limitée, généralement alignée sur l’inflation, ce que plusieurs observateurs interprètent comme un virage vers une forme de rigueur budgétaire.
Peu de nouvelles mesures
Le budget ne prévoit aucune nouvelle baisse d’impôt pour les particuliers. Les nouvelles mesures totalisent environ 2,1 milliards de dollars, réparties entre le soutien à l’économie, les services publics et certaines aides ciblées.
Une part importante, soit environ 1,7 milliard sur plusieurs années, est consacrée à la transformation économique et au soutien des entreprises.
Santé et éducation relativement protégées
Les dépenses totales devraient atteindre environ 171 à 173 milliards de dollars en 2026-2027, avec une croissance d’environ 2 %.
Les secteurs de la santé et de l’éducation sont relativement protégés, tandis que les autres ministères pourraient voir leurs budgets diminuer en termes réels.
Des critiques ont notamment émergé concernant l’éducation, où certains estiment qu’il manquerait environ 330 millions de dollars simplement pour maintenir les services actuels.
Logement et environnement sous pression
En matière de logement, le budget prévoit un peu plus de 740 millions de dollars, dont environ 209 millions pour la construction de 1 000 logements abordables. Plusieurs intervenants jugent ces montants insuffisants dans un contexte de crise du logement.
Du côté de l’environnement, l’absence de nouvelles mesures majeures a également été soulignée par plusieurs observateurs.
À l’inverse, la sécurité publique bénéficie d’investissements additionnels d’environ 1,1 milliard de dollars, notamment pour les services policiers, incendie et correctionnels.
Laval : un budget accueilli avec prudence

Source Ville de Laval
Le maire de Laval, Stéphane Boyer, a qualifié le budget de « bon » dans le contexte économique actuel, tout en soulevant certaines préoccupations.
« Dans le contexte actuel, où l’économie ne va pas bien et où un important déficit devait être résorbé, il s’agit d’un bon budget. La priorité a été accordée aux populations vulnérables et au soutien de nos entreprises, tout en réduisant l’endettement », a-t-il déclaré.
Le maire souligne toutefois que Laval demeure, pour une troisième année consécutive, la région recevant le moins d’investissements par habitant dans le Plan québécois des infrastructures.
Selon lui, Montréal reçoit environ 19 361 $ par habitant, contre 9 854 $ pour Laval.
Il note néanmoins certains éléments positifs, dont les investissements liés au Centre jeunesse de Laval, au logement abordable, à l’itinérance et à la protection contre les inondations.
L’opposition municipale critique le manque de résultats
Le parti municipal Action Laval a pour sa part dénoncé un sous-financement persistant de la région.
Dans une déclaration, l’opposition affirme que Laval se classe toujours au 11e rang sur 17 en matière d’investissements.
Action Laval critique également le retard du projet d’agrandissement de l’hôpital de la Cité-de-la-Santé, toujours à l’étape d’étude dans le Plan québécois des infrastructures.
Québec : critiques sur le logement et les infrastructures

Source Gracieuseté
À l’échelle provinciale, la députée de Mille-Îles, Virginie Dufour, a vivement critiqué le budget en matière d’habitation.
« Alors que la crise du logement est devenue une crise de l’abordabilité, le budget de la CAQ rate complètement la cible. Les Québécois peinent à joindre les deux bouts, et ce budget ne leur offre aucun répit », a-t-elle déclaré.
Elle souligne notamment que seulement 1 000 logements abordables sont prévus sur plusieurs années et déplore une baisse anticipée des mises en chantier.
La députée critique aussi le financement des infrastructures, affirmant que Laval ne reçoit qu’environ 3 % de l’enveloppe du PQI, malgré une population représentant environ 5 % du Québec.
Des inquiétudes du côté des organismes en santé
Le Regroupement provincial des comités des usagers a également exprimé des préoccupations quant aux investissements en santé.
Selon l’organisme, malgré les sommes annoncées, le réseau demeure sous pression.
« Ces chiffres peuvent sembler imposants, mais ils masquent une réalité préoccupante. Plusieurs de nos hôpitaux sont dans un état lamentable », a déclaré Sylvie Tremblay.
L’organisme s’inquiète notamment du manque de ressources humaines et de la capacité du réseau à transformer les investissements annoncés en services concrets.